Que doit obligatoirement contenir un devis ?
Un devis de travaux doit porter l’identité complète de l’entreprise (raison sociale, adresse, SIRET), tes coordonnées et l’adresse du chantier, le détail des prestations et des fournitures, les quantités et les prix unitaires, le taux de TVA appliqué, le montant total HT et TTC, la durée de validité de l’offre, et les modalités de paiement.
Deux mentions valent une vérification systématique : l’assurance décennale de l’entreprise, avec le nom de l’assureur et la zone géographique couverte, et la date de début et la durée prévisionnelle des travaux. Un devis sans délai est un devis sans engagement.
Quelles formulations doivent alerter ?
Certaines tournures ne sont pas des erreurs de rédaction : elles déplacent le risque vers toi.
- « Fourniture non comprise » sans plus de précision. Qui achète quoi doit être écrit poste par poste.
- « Sous réserve de découverte » sans plafond. Demande que l’imprévu déclenche un devis complémentaire, pas une facturation automatique.
- « Remise en état sommaire » ou « finition standard ». Ces mots ne veulent rien dire et se traduisent par des reprises à ta charge.
- Une ligne « divers » ou « forfait chantier » au montant rond, sans détail.
- L’absence d’unité : un prix « pour la salle de bain » n’est pas comparable à un prix au m².
Comment comparer deux devis qui ne se ressemblent pas ?
Le piège est de comparer les totaux. Deux devis pour le même chantier peuvent différer de 40 % simplement parce qu’ils n’incluent pas les mêmes choses.
La méthode : reconstruis les deux devis dans le même découpage, poste par poste, en notant pour chacun s’il est présent, absent ou implicite. Les écarts apparaissent d’eux-mêmes, et ils sont presque toujours au même endroit — la dépose, l’évacuation des gravats, les finitions, et la fourniture.
Ensuite seulement, compare les prix unitaires. Un artisan plus cher sur la pose et moins cher sur la fourniture n’est pas plus cher : il travaille autrement.
Quel acompte est normal ?
L’usage courant est un acompte de l’ordre de 30 % à la signature, un paiement échelonné à l’avancement, et un solde à la réception. Aucun texte ne fixe ce pourcentage : c’est une pratique, pas une règle, et elle se négocie. Un paiement intégral demandé avant le début du chantier justifie en revanche de poser des questions.
Garde une trace écrite de chaque versement, et fais correspondre chaque paiement à une étape identifiable des travaux. C’est ce qui te permettra de discuter en cas de retard ou d’abandon de chantier.
Quand la TVA à 10 % ou 5,5 % s’applique-t-elle ?
Dans un local à usage d’habitation achevé depuis plus de deux ans, les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien relèvent d’une TVA à 10 %. Les travaux d’amélioration de la qualité énergétique — isolation, chauffage, ventilation, production d’eau chaude — relèvent d’une TVA à 5,5 %.
Le taux normal de 20 % reste dû dans plusieurs cas : logement achevé depuis moins de deux ans, travaux qui surélèvent le bâtiment ou ajoutent une construction, ou qui augmentent la surface de plancher de plus de 10 %. La fourniture de gros équipements et de mobilier suit également ses propres règles.
Attention, la formalité a changé. Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, l’attestation à remplir a été remplacée par une simple mention à certifier sur le devis ou la facture : tu confirmes par cette mention que les conditions du taux réduit sont réunies. Si un artisan te réclame encore l’ancienne attestation, ce n’est plus la procédure en vigueur.
Vérifie que le taux annoncé sur le devis est bien celui de la facture : l’écart entre 20 % et 10 % représente un dixième du montant des travaux.
Que faire du devis une fois signé ?
Le devis signé est un contrat. Garde-le avec la facture correspondante et les photos de l’avancement — c’est ce trio qui règle un litige. Range-le au niveau de la pièce concernée plutôt que dans un dossier « papiers » indifférencié : le jour où tu cherches la garantie du carrelage, tu chercheras par pièce, pas par date.